25.12.2009

SOS Racisme reçoit MEMORIAL

Trois collaborateurs de l’ONG russe de défense des droits de l’homme Memorial nous ont rendu visite mercredi 9 décembre. Ils ont évoqué avec nous les difficultés rencontrées dans le cadre de leur action.

L’association Memorial a été fondée en 1987 - son premier dirigeant fut Andreï Sakharov, Prix Nobel de la paix en 1975 – pour sauvegarder la mémoire des victimes de la répression soviétique. Aujourd’hui, Memorial est une des rares associations indépendantes de défense des droits de l’homme, encore active en Russie et notamment en Tchétchénie.

Mme Svetlana Gannushkina , defenseure des droit de l’homme et membre fondateur de MEMORIAL a commencé à lutter en faveur des droits humains à la fin des années 1980, au moment de l’éclatement de l’Union soviétique. En 1990, elle a fondé avec d’autres militants l’ONG Assistance aux citoyens. Au cours des années qui ont suivi, cette ONG a fait campagne pour la protection des droits humains et l’intégration dans la société russe des personnes déplacées à l’intérieur de la Russie, des migrants et des réfugiés. Dans son discours Mme Svtlana Gannushkina est revenue sur la dégradation en Russie des conditions d’accueil des immigrés et de l’inquiétante montée des groupuscules d’extrême-droite financé par le pouvoir.

S’agissant de la Tchétchénie Svetlana Gannouchkina déplore les violations répétées des droits humains fondamentaux dont sont victimes les Tchétchènes soupçonnés de terrorisme, et proteste contre la « fabrication » de toutes pièces d’affaires pénales mettant en cause de jeunes Tchétchènes.

Or son combat ne s’arrête pas là. Mme Svetlana Gannouchkina a expliqué la douloureuse situation dans laquelle se trouve les combattants des droits de l’homme indépendants en Tchétchénie, menacés par le pouvoir -qui les désigne comme complices des rebelles -, les organisations satellitaires du pouvoir qui les accusent d’être instrumentalisés par les gouvernements occidentaux, et ils doivent faire face à la lâcheté des responsables politiques internationaux désireux de préserver leur relation avec les russes.

Oyub Titiev Réprésentant Memorial à Goudermes (ville situé à une trentaine de kilomètre à l’est de Grozny) a évoqué le deuil dans lequel vit Memorial en Tchétchénie depuis le 15 Juillet dernier jour de l’assassinat de l’ une de ses principales militantes Natalia Estimirova (photo). Il a expliqué que l’ONG avait décidé de suspendre ses activités en Tchétchénie à ce moment là, mais que face aux demandes incessantes des victimes, l’ONG vient de décider de reprendre les enquêtes malgré les fortes menaces qui pèsent sur ses membres. Natalia Estemirova, travaillait sur des cas d’enlèvements et d’exécutions sommaires orchestrées, par les autorités tchétchènes. Le 6 octobre 2009, l’ONG a même été condamnée par le tribunal civil du District Tverskoj de Moscou pour « atteinte à l’honneur » du Président Tchétchéne pro-russe Ramzan Kadyrov qui n’avait pas supporté que le président de Mémorial Oleg Orlov le désigne comme « coupable » de l’assassinat de Natalia Estimirova . Les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont mis en cause les forces de sécurité du président tchétchène pro-russe Ramzan Kadirov, également montrées du doigt pour de nombreuses exactions commises dans la République, ainsi qu’après l’assassinat de la journaliste d’opposition Anna Politkovskaïa à Moscou en 2006.

Mme Svetlana Gannouchkina et Oyub Titiev étaient accompagnés de Milana Terloeva jeune militante à Memorial et auteur de « Danser sur les ruines » paru aux éditions Hachette-Littérature en 2006.

SOS Racisme est honoré d’avoir accueilli les militants de Memorial et leur a témoigné son soutien.

SOS Racisme s’est réjoui que le prix Sakharov 2009, décerné pour « la liberté de l’esprit » ait été attribué à Memorial et plus particulièrement à trois de ses membres : Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva. « En remettant ce prix à Memorial, nous espérons contribuer à la fin de la peur et de la violence à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme en Russie », a déclaré Jerzy Buzek, le Président du Parlement européen, lors de l’annonce des lauréats.

La remise officielle du Prix se tiendra à Strasbourg le 16 décembre prochain.

17.12.2006

Darfour : la responsabilité de protéger

La guerre au Darfour a repris et la déstabilisation régionale est en marche au Tchad et en République centrafricaine.

Depuis le début des quatre années de guerre, l'Union Africaine, sans l'appui de l'ONU, peine à stabiliser la région dévastée du Darfour.

 

 

 

Ni le renforcement des contingents de la Mission de l’Union Africaine (AMIS) par 4000 soldats supplémentaires[1], ni le vote d’une énième résolution onusienne n’ont mis fin à la catastrophe humanitaire. L’enfer brûle toujours et s’étend.

Bien que renforcée, cette dernière est incapable de juguler la crise, ses effectifs sont insuffisants sous payés et sous équipés. Surtout, comme ce fut le cas pour les contingents envoyés en Bosnie, en l’absence de mandat adapté à l’ampleur de la crise, ces soldats sont réduits au rôle de simples observateurs.

 

 

La communauté internationale reste impuissante à arrêter ces atrocités, car elle refuse de dépasser l’hostilité systématique de Khartoum à tout déploiement d’une force crédible et efficace.

 

 

 

L’illusoire efficacité d’une force hybride

 

 

 

Assurément, le nouveau dispositif prévu de force hybride UA-ONU est en deçà de ce qu’il conviendrait d’imposer. L’ONU n’offrira qu’une assistance technique insuffisante à faire face aux violences actuelles. Cette nouvelle proposition, comme les accords de paix d’Abuja et la récente prorogation du mandat de l’Union Africaine de six mois, n’est que de la « poudre aux yeux», elle ne réglera rien.

 

Au nom du principe responsabilité de protéger consacré en droit international, les Nations Unies doivent intervenir au Darfour et assurer une opération de maintien de la paix renforcée. Un nouvel échec du multilatéralisme conduirait vraisemblablement à une opération américano-britannique solitaire. Depuis plusieurs semaines, à un niveau technique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étudient les possibilités de frappes aériennes contre des objectifs militaires soudanais. Le Canada envisage également d’intervenir.

 

 

L’échec actuel de la pression diplomatique est le résultat direct des vetos de la Chine - premier  partenaire économique du Soudan - et de la Russie, qui assure une bonne partie des livraisons d’armes au Soudan.

 

 

Aujourd’hui l’avenir du Tchad et de la République de Centrafrique et de milliers de déplacés dépendent du règlement de crise du Darfour. Il n’est pas trop tard pour Sauver Le Darfour, mais il faut agir vite.

 

 

 

L’impuissance de l’ONU est surmontable

 

La France qui soutient les régimes tchadien et centrafricain, avec qui elle est liée par des accords de défense et de coopération militaire, a un rôle moteur à jouer pour établir un processus de paix régional viable et encourager les tentatives de démocratisation afin qu’un nouveau chaos ne succède au régime d’Omar el-Béchir.

La France doit dépasser la résolution 1706 du 31 août 2006 dont l’application demeure subordonnée à l’accord de Khartoum et prendre l’initiative du dépôt d’une nouvelle résolution de l’ONU autorisant l’usage de « mesures coercitives » et organisant enfin le déploiement de Casques bleus au Darfour.

 

 

Dans une telle hypothèse, une mission militaire européenne pourrait venir en soutien de celle de l’ONU. Le président du comité militaire de l’Union Européenne, le général Gustav Hagglund, a déclaré le 13 avril 2006 que l’Union pourrait envoyer des troupes au Soudan, sous mandat de l’ONU.

 

 

La mission européenne en République Démocratique du Congo (EUFOR), en août 2006, à l’occasion des élections présidentielles, en soutien de la mission de l’ONU (MONUC) a démontré l’efficacité d’un tel dispositif dans lequel l’Union Européenne a eu la possibilité de réaffirmer une vision propre de la sécurité internationale.

 

 

Cette politique extérieure de l’Union permettrait aux européens de s’inscrire de manière ostensible dans le cadre du multilatéralisme onusien. Malgré les risques de veto, cette voie doit être tentée.

 

 

En cas de nouvel échec, pour sortir de l’impasse, une autre démarche est envisageable. Un Etat de l’Union Européenne peut assumer de sa propre initiative une mission de Politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD) dès lors que cette action vise : «le maintien de la paix et le renforcement de la sécurité internationale, [...] le développement et le renforcement de la démocratie et de l’État de droit, ainsi que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales»[2].

 

 

 

La France pourrait ainsi pleinement « assumer l’exercice de son droit d’initiative en matière de gestion de crise internationale et la responsabilité de la coordination d’une intervention militaire ».

 

 

En outre, si l’Union Européenne peut planifier et conduire des opérations autonomes, avec ses propres moyens, comme ce fut le cas lors de l’opération Artémis en République Démocratique du Congo en 2003, elle peut aussi solliciter les moyens logistiques de l’OTAN. Elle a déjà eu recours aux moyens de l’OTAN en Macédoine (opération Concordia en 2003) et actuellement dans le cadre de la relève de la SFOR en Bosnie-Herzégovine (opération Altéa).

 

 

Ainsi, l’intervention au Darfour pourrait se faire sous l’égide d’une mission européenne en matière de gestion de crise ; cette mission couplerait ainsi la légitimité du multilatéralisme, la cohérence de la PESD et les moyens militaires et logistiques de l’Alliance.

 

 

Le principe de souveraineté nationale et les échecs des interventions en Somalie et en Irak ne doivent donc pas priver la diplomatie et les démocraties du droit d’agir pour une cause juste et légitime.

 

 

Comme l’énonce l’article 4 de la Constitution de l’Union Africaine : «aucun régime ne peut se dérober derrière le concept de souveraineté pour décimer sa population sans être tenu pour responsable». La nature des exactions commises : crimes contre l’humanité, massacres à grandes échelles, viols systématiques et la nature militaro-islamiste du régime a-démocratique de Khartoum justifient l’intervention. La question n’est plus : faut-il intervenir ? Mais, qui interviendra ?

 

 

Le temps des négociations stériles est fini, le temps de l’intervention est venu.

 

 

 

 

 

 

 

Mahor Chiche,

Président de Sauver Le Darfour, SLD

www.sauverledarfour.org

 

 

 

Emmanuel Dupuy,

Secrétaire général de l’Institut de Prospective et Sécurité de l’Europe, IPSE

 

 

 

 

 

 



[1] - En plus des 7000 soldats de l’Union Africaine déjà présents.

[2] - Titre V du Traité de l’Union Européenne consacré à la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Darfour : la responsabilité de protéger

La guerre au Darfour a repris et la déstabilisation régionale est en marche au Tchad et en République centrafricaine.

Depuis le début des quatre années de guerre, l'Union Africaine, sans l'appui de l'ONU, peine à stabiliser la région dévastée du Darfour.

Ni le renforcement des contingents de la Mission de l’Union Africaine (AMIS) par 4000 soldats supplémentaires[1], ni le vote d’une énième résolution onusienne n’ont mis fin à la catastrophe humanitaire. L’enfer brûle toujours et s’étend.

Bien que renforcée, cette dernière est incapable de juguler la crise, ses effectifs sont insuffisants sous payés et sous équipés. Surtout, comme ce fut le cas pour les contingents envoyés en Bosnie, en l’absence de mandat adapté à l’ampleur de la crise, ces soldats sont réduits au rôle de simples observateurs.

 

La communauté internationale reste impuissante à arrêter ces atrocités, car elle refuse de dépasser l’hostilité systématique de Khartoum à tout déploiement d’une force crédible et efficace.

L’illusoire efficacité d’une force hybride

Assurément, le nouveau dispositif prévu de force hybride UA-ONU est en deçà de ce qu’il conviendrait d’imposer. L’ONU n’offrira qu’une assistance technique insuffisante à faire face aux violences actuelles. Cette nouvelle proposition, comme les accords de paix d’Abuja et la récente prorogation du mandat de l’Union Africaine de six mois, n’est que de la « poudre aux yeux», elle ne réglera rien.

Au nom du principe responsabilité de protéger consacré en droit international, les Nations Unies doivent intervenir au Darfour et assurer une opération de maintien de la paix renforcée. Un nouvel échec du multilatéralisme conduirait vraisemblablement à une opération américano-britannique solitaire. Depuis plusieurs semaines, à un niveau technique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étudient les possibilités de frappes aériennes contre des objectifs militaires soudanais. Le Canada envisage également d’intervenir.

 

L’échec actuel de la pression diplomatique est le résultat direct des vetos de la Chine - premier  partenaire économique du Soudan - et de la Russie, qui assure une bonne partie des livraisons d’armes au Soudan.

Aujourd’hui l’avenir du Tchad et de la République de Centrafrique et de milliers de déplacés dépendent du règlement de crise du Darfour. Il n’est pas trop tard pour Sauver Le Darfour, mais il faut agir vite.

L’impuissance de l’ONU est surmontable

 

La France qui soutient les régimes tchadien et centrafricain, avec qui elle est liée par des accords de défense et de coopération militaire, a un rôle moteur à jouer pour établir un processus de paix régional viable et encourager les tentatives de démocratisation afin qu’un nouveau chaos ne succède au régime d’Omar el-Béchir.

La France doit dépasser la résolution 1706 du 31 août 2006 dont l’application demeure subordonnée à l’accord de Khartoum et prendre l’initiative du dépôt d’une nouvelle résolution de l’ONU autorisant l’usage de « mesures coercitives » et organisant enfin le déploiement de Casques bleus au Darfour.

 Dans une telle hypothèse, une mission militaire européenne pourrait venir en soutien de celle de l’ONU. Le président du comité militaire de l’Union Européenne, le général Gustav Hagglund, a déclaré le 13 avril 2006 que l’Union pourrait envoyer des troupes au Soudan, sous mandat de l’ONU.La mission européenne en République Démocratique du Congo (EUFOR), en août 2006, à l’occasion des élections présidentielles, en soutien de la mission de l’ONU (MONUC) a démontré l’efficacité d’un tel dispositif dans lequel l’Union Européenne a eu la possibilité de réaffirmer une vision propre de la sécurité internationale. 

Cette politique extérieure de l’Union permettrait aux européens de s’inscrire de manière ostensible dans le cadre du multilatéralisme onusien. Malgré les risques de veto, cette voie doit être tentée.

En cas de nouvel échec, pour sortir de l’impasse, une autre démarche est envisageable. Un Etat de l’Union Européenne peut assumer de sa propre initiative une mission de Politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD) dès lors que cette action vise : «le maintien de la paix et le renforcement de la sécurité internationale, [...] le développement et le renforcement de la démocratie et de l’État de droit, ainsi que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales»[2]

La France pourrait ainsi pleinement « assumer l’exercice de son droit d’initiative en matière de gestion de crise internationale et la responsabilité de la coordination d’une intervention militaire ».

En outre, si l’Union Européenne peut planifier et conduire des opérations autonomes, avec ses propres moyens, comme ce fut le cas lors de l’opération Artémis en République Démocratique du Congo en 2003, elle peut aussi solliciter les moyens logistiques de l’OTAN. Elle a déjà eu recours aux moyens de l’OTAN en Macédoine (opération Concordia en 2003) et actuellement dans le cadre de la relève de la SFOR en Bosnie-Herzégovine (opération Altéa).

 

Ainsi, l’intervention au Darfour pourrait se faire sous l’égide d’une mission européenne en matière de gestion de crise ; cette mission couplerait ainsi la légitimité du multilatéralisme, la cohérence de la PESD et les moyens militaires et logistiques de l’Alliance.

 

Le principe de souveraineté nationale et les échecs des interventions en Somalie et en Irak ne doivent donc pas priver la diplomatie et les démocraties du droit d’agir pour une cause juste et légitime.

 

Comme l’énonce l’article 4 de la Constitution de l’Union Africaine : «aucun régime ne peut se dérober derrière le concept de souveraineté pour décimer sa population sans être tenu pour responsable». La nature des exactions commises : crimes contre l’humanité, massacres à grandes échelles, viols systématiques et la nature militaro-islamiste du régime a-démocratique de Khartoum justifient l’intervention. La question n’est plus : faut-il intervenir ? Mais, qui interviendra ?

Le temps des négociations stériles est fini, le temps de l’intervention est venu. 

Mahor Chiche, Président de Sauver Le Darfour, SLD www.sauverledarfour.org 

Emmanuel Dupuy,Secrétaire général de l’Institut de Prospective et Sécurité de l’Europe, IPSE

 

 

 


[1] - En plus des 7000 soldats de l’Union Africaine déjà présents.

[2] - Titre V du Traité de l’Union Européenne consacré à la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

18.07.2006

briser le silence

Darfour: intellectuels et artistes se mobilisent lundi contre l'indifférence

Par Isabelle LIGNER

  
Urgence Darfour, un collectif comprenant notamment Sos Racisme et la Licra, mobilise lundi à Paris associations, écrivains, intellectuels, sportifs et artistes pour lutter contre le silence qui entoure "le premier génocide du 21ème siècle" dans cette région du Soudan.

"En silence, chaque mois, des milliers d'innocents tombent au Darfour", souligne Mahor Chiche, vice-président de ce collectif crée début 2005 et comprenant aujourd'hui une centaine d'associations, dont plusieurs rwandaises.

Car Urgence Darfour, présidée par Jacky Mamou (ancien dirigeant de Médecins du Monde), fait le parallèle et les associations rwandaises "voient tout de suite le lien", relève M. Chiche. "Pour le Rwanda les gens ont dit +çà s'est passé en quatre mois, on savait pas+", ajoute-t-il. "Au Darfour, il y a plein de gens, plein d'ONG qui y sont allés et qui ont essayé de raconter ce qu'ils ont vu. Mais çà ne passe pas, l'indifférence demeure".

Pour lutter contre "le silence qui couvre la poursuite des massacres" et contre "l'inaction", Urgence Darfour organise lundi soir à 20H00 au Théatre de la Madeleine (8ème) un "meeting". Au programme, projections de clips et prises de paroles de personnalités signataires de son appel, de l'ancien ministre Jack Lang, à l'écrivain Bernard Henri-Lévy, en passant par le philosophe André Glucksmann, l'acteur Richard Berry, l'écrivain Marek Halter, le chanteur Youssou N'Dour. Des membres de l'équipe de France de football sont également attendus ainsi que beaucoup d'autres personnalités.

Le collectif, qui fait partie d'un réseau européen inspiré de l'initiative américain Save Darfur, souhaite "peser sur le gouvernement français avec trois objectifs.
Tout d'abord, l'augmentation "massive" de la contribution française au Programme alimentaire mondial (Pam) pour cette région de l'ouest du Soudan déchirée par une guerre civile opposant le régime islamiste de Khartoum allié à des milices arabes à des groupes rebelles issue de la population noire locale. Depuis février 2003, ce conflit "oublié" a fait de 180.000 à 300.000 morts, essentiellement des civils, et 2,5 millions de réfugiés et déplacés.
Mais Urgence Darfour demande également que la France fasse voter en urgence au Conseil de sécurité une nouvelle résolution, et mette ses troupes stationnées en Afrique "au service de la protection des civils du Darfour" dans le cadre d'une "intervention sous l'égide de l'Onu", farouchement rejetée par Khartoum.

Le vice-président du collectif estime que la communauté internationale doit passer outre le refus du régime "illégitime" de Khartoum (arrivé au pouvoir par un coup d'Etat) d'accueillir des Casques bleus et "cesser de se servir de la sémantique" (certains responsables notamment américains parlant de "génocide" d'autres récusant ce terme) comme "prétexte à la non-intervention".
"Il suffirait que deux avions (de la communauté internationale) décollent pour que cela cesse", affirme-t-il.
La mission de l'Union africaine (UA), qui doit se prolonger jusqu'à fin 2006, est "sous-payée", "sous équipée", et "dépourvue de mandat", estime Urgence Darfour, qui réclame également "des élections libres sous supervision de l'ONU".

"Elles seules permettront", selon M. Chiche, "un arrêt définitif des massacres qui se poursuivent malgré la trève conclue en septembre 2003 et confirmée en avril 2004 et l'accord de paix" d'Abuja, en mai dernier.

Il s'agit lundi pour Urgence Darfour de "briser le silence, pour ne pas être complice d'un autre génocide".

 

16.04.2006

BRACELETS SAVE DARFOUR

Pour témoigner de notre solidarité avec les populations du Darfour et demander l'arrêt des massacres, un bracelet Save Darfur (coloris vert) est disponible.

Des intellectuels soutiennent le Darfour :

Comment les citoyens d’un pays libre ne peuvent pas s’y intéresser ? Comment chacun d’entre nous ne peut pas se sentir scandalisé ? Comment une personne, religieuse ou athée peut ne pas ressentir de la compassion ? Mais surtout, comment chacun qui s’en souvient peut rester silencieux ? (...). Le silence aide les tueurs, mais jamais les victimes.

Elie Wiesel

 

Mais tous les gens normaux qui, comme vous et moi, avaient juré : « plus jamais Auschwitz », puis « plus jamais la Bosnie », puis « jamais, plus jamais, la honte du Rwanda » ? ( ….)
Que dire stop à Khartoum ne demanderait pas beaucoup plus d'efforts qu'il n'en fallut, il y a dix ans, après cinq ans d'atermoiements et de lâchetés, pour dire stop à Milosevic, nous le savons.
Alors, qu'attendons-nous ?
Chaque jour qui passe est un jour de honte et de défaite.

Bernard Henri Levy

02.06.2005

GENOCIDE ARMENIEN

APPEL à la TURQUIE pour la RECONNAISSANCE du GENOCIDE ARMENIEN de 1915

Moi citoyen européen épris de justice, appelle la Turquie à reconnaître le génocide commis à l'encontre des populations arméniennes de l'Empire ottoman et à respecter les conditions contenues dans la résolution du Parlement Européen du 18 juin 1987, avant toute ouverture des négociations d'adhésion à l'Union Européenne.

L'Europe s'est bâtie sur des valeurs communes, respectueuses des Droits de l'Homme et des libertés individuelles . J'attends de la Turquie qu'elle adhère, elle aussi, à ces principes et fasse la lumière sur son histoire afin de favoriser la paix et la stabilité dans la région.

Sénateurs : André Michèle, Autain François, Balarello José, Beaudeau Marie-Claude, Besson Jean, Borvo Nicole, Bout Brigitte, Bret Robert, Brottes François, Chabroux Gilbert, Coquelle Yves, David Annie, Demessine Michelle, Estier Claude, Fischer Guy, Gautier Charles, Herviaux Odette, Jarlier Pierre, Karoutchi Roger, Lagauche Serge, Lagorsse Roger, Le Cam Gérard, Lecerf Jean-Paul, Longuet Gérard, Luc Hélène, Mermaz Louis, Muzeau Roland, Payet Anne-Marie, Peyrat Jacques, Peyronnet Jean-Claude, Picheral Jean-François, Piras Bernard, Ralite Jack, Renar Ivan, Saugey Bernard, Terrade Odette, Thiollière Michel, Vallet André

Députés : Adam Patricia, Alary Damien, Andrieux-Bacquet Sylvie, Artigues Gilles, Bacquet Jean-Paul, Baguet Pierre-Christophe, Bartolone Claude, Bascou Jacques, Biessy Gilbert, Billard Martine, Blazy Jean-Pierre, Bloche Patrick, Blum Roland, Boisserie Daniel, Bonny André, Bourg de Broc Bruno, Brard Jean-Pierre, Brottes François, Buffet Marie-George, Cathala Laurent, Cazenave Richard, Charasse Gérard, Charzat Michel, Chassain Roland, Cherpion Gérard, Cinieri Dino, Comparini Anne-Marie, David Martine, Deflesselles Bernard, Destot Michel, Dray Julien, Durand Yves, Dutoit Frédéric, Estrosi Christian, Facon Albert, Fagniez Pierre-Louis, Flory Jean-Claude, Forgues Pierre, Gautier Nathalie, Génisson Catherine, Gilles Bruno, Ginesta Georges, Giraud Joël, Goasgen Claude, Guibal Jean-Claude, Guinchard-Kunstler Paulette, Hillmeyer Francis, Hoffman-Rispal Danièle, Jacque Edouard, Janquin Serge, Jarlier Pierre, Joissains-Masini Maryse, Labaune Patrick, Lachaud Yvon, Lagarde Jean-Christophe, Le Bouillonnec Jean-Yves, Luca Lionnel, Madrelle Bernard, Maisonnet Sylvie, Mallié Richard, Mamère Noël, Mariani Thierry, Mariton Hervé, Masse Christophe, Migaud Didier, Mourrut Etienne, Moyne-Bressand Alain, Nayrou Henri, Pajon Michel, Perez Jean-Claude, Perrin-Gaillard Geneviève, Philip Christian, Piron Michel, Queyranne Jean-Jacques, Raoult Eric, Remiller Jacques, Richard Dominique, Robin-Rodrigo Chantal, Rochebloine François, Roubaud Jean-Marc, Rouquet René, Salles Rudy, Santini André, Schwartzenberg Roger-Gérard, Spagnou Daniel, Strauss-Kahn Dominique, Tabarot Michèle, Teissier Guy, Terrot Michel, Tian Dominique, Vallini André

Députés Européens:
Marie-Arlette Carlotti, Désir Harlem, Grossetête Françoise, Guy-Quint Catherine

Présidents de Région et Conseillers Régionaux:
Asso Bernard, Bourzai Benadette, Concas Marc, Gouttebel Jean-Yves, Guillemot Annie, Guiraud Daniel, Laignel André, Larghero Denis, Maisonnet Sylvie, Marseille Hervé, Moranchel Jean-Pierre, Mottard Patrick, Pasciuto Bertrand, Popelin Pascal, Pupponi François, Tabarot Philippe, Tysseire Roger

Présidents de Département et Conseillers Généraux:
Asso Bernard, Concas Marc, Gouttebel Jean-Yves, Larghero Denis, Maisonnet Sylvie, Moranchel Jean-Pierre, Pasciuto Bertrand, Popelin Pascal, Tabarot Philippe, Tysseire Roger

Maires:
Aidenbaum Pierre, Aumas Michel, Barreyre Maurice, Bianchi Olivier, Biollet Dominique, Bourzai Bernadette, Boutault Jacques, Bravo Jacques, Bret Jean-Paul, Calmat Alain, Chevassus Nicole, Coulon Christian, Credoz Pierre, Gérès Michel, Godard Serge, Hovsepian Garo, Huguet Patrick, Julien-Laferriere Hubert, Kaltenbach Philippe, Klem Jacques, Levain Jean, Molino André, Perrin Jean-Claude, Poirier Jean-Yves, Senant Jean-Yves, Sulli Renzo, Vaillant Didier

Maires-Adjoints et Conseillers municipaux:
Ananian Richard, Aou Karim, Auger Jean-François, Balian Patrice, Bedrossian Patrick, Besançon Thierry, Bonnard Maurice, Capezza-Minassian Annie, Carvounas Luc, Cazal Maggie, Chiche Mahor, Chirinian Michel, Cordesse Alain, Delbast Henry, Demere Jean-François, Essayan Nicole, Fafet Lucien, Frühwacht Jacqueline, Franceschi Serge, Galland Pierre, Gazarian Richard, Gerchinovitz Michel, Gevrey Michel, Ghazarian Michel, Gomez Jeanne, Gourinel Chantal, Haddad Albert, Haroutounian Serge, Hovnanian Léon, Kalaydjian Albert, Karakozian Tarco, Kazandjian Elyane, Kechichian Noubar, Kerkerian Gilbert, Khatchikian Khatchik, Kouyoumdjian Clara, Lassot Annick, Loreau Joseph, Maquin Maurice, Mardikian Jean, Margossian Lydia, Mathieu-Richard Françoise, Mayet Jean, Menzikian Armand, Miguirian Garbis, Molina Pierre-Antoine, Mombazet Andrée, Moradel Eric, Morin Annick, Muradian Vahé, Myskiw Jocelyne, Nigra-Satelmechian Sylvia, Noël Jean-Pierre, Papazian Armen, Papazian Juliette, Papazian Seta, Perronnet Annie, Porrachia François, Rage François, Ranvier Michèle, Rismondo Jean, Roche Michel, Rusdikian Alice, Saboureau Jean-Paul, M. Salomé, Santiago-Zerah Isabelle, Savoye Gisèle, Serdjanian Alain, Dr Sillam Fernand, Tokatlian Jean-Marc, Valibouse Raymonde, Waksberg Michel, Wilkowsky Albert, Wozniak Gilbert

Personnalités:
Abkarian Simon Acteur-Metteur en scène, Berberian Stéphane Pédiatre, Pdt d'Aïda pour l'Arménie, Bertorello Yvon Producteur, Bourgade Frédéric Journaliste, Chaliand Gérard Géopolitologue, Chouchayan dit Fiori Patrick Artiste, Coquio Catherine Pdte de l’Association Internationale de Recherches sur les Crimes contre l'Humanité et les Génocides, Djorkaëff Youri Footballeur, Gaila Ismaël Régisseur Cinéma, Kechichian Robert Cinéaste, Kechichian Géraldine Maquilleuse-Cinéma, Lebon David Président du Mouvement des Jeunesses Socialistes, Liberato Fabrice Secrétaire Gal du Mvt Européen-Provence, Mgr Kadadihian Curé de la Paroisse arménienne catholique de Marseille & Midi de la France, Mgr Nacachian Archevêque Délégué pour l'Europe du Catholicossat de tous les Arméniens-Prélat des Arméniens de Paris, Mousset Sophie Ecrivain, Pasteur Kattandjian, Ternon Yves Dr en Histoire, Vafeas Andonis Pdt de la Fédération des Communautés chypriotes d’Europe et de la Communauté Chypriote de France.

Comité de Défense de la Cause Arménienne
17 rue Bleue - 75009 PARIS
www.cdca.asso.fr - Email : contact@cdca.asso.fr
Tél : 01.44.83.07.02 - Fax : 01.42.46.81.59

DARFOUR

Les Tribunes en faveur de l'arrêt des massacres au Darfour (Soudan).

CollectifUrgenceDarfourLeMondele20avril.jpg

Appel_Darfour.pdf

LeMondele20avril2005.pdf

Liberation_le_20_avril_2005.jpg

tarmac_darfour.pdf

LETTRE_OUVERTE_AU_PRESIDENT_DE_L.doc

 

18.07.2003

Paix introuvable au Darfour

P our le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le Darfour, cette province de l'ouest du Soudan où se déroulent depuis 2003 des massacres à grande échelle est "l'enfer sur terre". Au cours des vingt dernières années, la communauté internationale a assisté, impuissante, aux massacres massifs du sud Soudan, 2 millions de morts depuis 1983. Aujourd'hui, la communauté internationale doit faire cesser les crimes contre les populations civiles noires du Darfour. Les milices janjawids, alliées du régime islamiste de Khartoum, s'appuient sur les tribus musulmanes "arabes", pour massacrer les tribus musulmanes "africaines" contestataires de l'ouest du pays. Selon un rapport accablant du procureur général de la Cour pénale internationale présenté à l'ONU, le 14 juin, sur les 6 millions de Darfouriens, plus de 200 000 civils sont morts depuis 2003, au rythme de 10 000 victimes par mois. Aujourd'hui, 2,5 millions de réfugiés et de déplacés vivent dans des camps exsangues soutenus par une aide internationale entravée et terrorisée par le régime de Khartoum. Depuis juin 2004, 7 000 soldats de la mission de l'Union africaine, sous-équipés, sont cantonnés à un rôle difficile de simple observateur dans une région grande comme la France. En outre, l'Union africaine, qui n'est plus financée par la communauté internationale, n'a pas l'intention de poursuivre sa mission au-delà du 30 septembre. Ce départ risque de déclencher l'intensification des attaques, qui se poursuivent aujourd'hui en dépit d'un "deuxième" accord de paix de désarmement et de démocratisation, signé en mai à Abuja, au Nigeria, entre le gouvernement soudanais et la principale milice rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan. Le 16 mai dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a enfin pris une résolution autorisant le principe d'une opération des casques bleus au Darfour, en remplacement de la mission de l'Union africaine. Cette résolution a été prise en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoyant la possibilité de "mesures coercitives", économiques ou militaires. Mais cette éventualité reste théorique car la Russie et surtout la Chine demeurent très "réservées" sur tout emploi de la force. Le Soudan représente en effet 6 % des importations chinoises de pétrole. Les Nations unies tentent donc désespérément d'obtenir l'accord de Khartoum pour cette opération de maintien de la paix. Le Soudan a certes accepté une mission d'évaluation de l'ONU en territoire soudanais, s'attirant les foudres du numéro deux d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, mais s'oppose toujours à l'entrée des casques bleus au Darfour. Le blocage est total. Le secrétaire général adjoint de l'ONU a, en effet, déclaré : "toutes les opérations de maintien de la paix en Afrique s'effectuent avec la coopération du pays d'accueil." L'ONU s'active sans relâche depuis le début du conflit et pourtant, sur le terrain, la situation ne s'améliore pas. Le gouvernement soudanais gagne du temps alors que les massacres continuent. Le régime de Khartoum, issu d'un coup d'Etat intervenu en 1989 alors que son parti, une émanation des Frères musulmans, n'avait recueilli que 15 % des voix lors des premières élections libres du pays, se distingue par sa brutalité depuis près de dix-sept ans, au sud Soudan d'abord, puis au Darfour. Face à cette dictature, il n'est plus concevable d'envisager une autre voie que sa mise à l'écart du pouvoir. Seul un front uni de la communauté internationale permettra d'arrêter les massacres et de restaurer la démocratie au Soudan. Pour surmonter le veto chinois, il n'y a donc qu'une possibilité : rallier la Chine à la mobilisation internationale, en la rassurant sur la continuité de ses exploitations pétrolières au Soudan. Il en va de la vie de la grande majorité du peuple soudanais, depuis trop longtemps opprimé.  Michaël Chetrit et Mahor Chiche sont membres et vice-président d'Urgence Darfour France.

 

 

Le Monde 27 juin 2006

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